Visite du monument

La Maison Sublime est actuellement en travaux la reprise des visites assurées par l'Office de Tourisme sera annoncée sur :
www.rouentourisme.com

(reprise envisagée pour janvier 2019)

Une université prestigieuse

Soucieux d’assurer l’indépendance des juifs d’occident à l’égard des centres de Bagdad et de Jérusalem qui font autorité en orient, les dirigeants carolingiens encouragent la création d’instituts d’enseignement supérieur juifs. Rouen répond à l’appel.

L’influence de Maïmonide était considérable à Rouen. Cette enluminure, extraite de son Mishne Torah, montre l’atmosphère studieuse qui régnait dans les écoles rabbiniques. Les premiers établissements appartiennent souvent à des maîtres privés, ce qui ne garantit pas le niveau des études. C’est pourquoi un important synode se tient, vraisemblablement à Rouen au Xe ou XIe siècle, afin de définir les règles qui doivent s’appliquer dans ces écoles rabbiniques (yeshiboth).

Connues comme les Anciennes Règles pour l’Étude de la Torah, les douze ordonnances adoptées par le synode visent à :

    • obliger chaque famille à consacrer un de ses enfants à l’étude approfondie de la Torah (règle 1) ;

    • construire à proximité de la synagogue une école, appelée grand midrash, pour ces étudiants (règle 2) ;

    • établir la discipline - très proche de celle en vigueur dans les écoles monastiques chrétiennes - applicable à ces académies et fixer la durée des études. Les étudiants (peroushim = séparés de la communauté) ne doivent pas quitter l’école pendant sept ans, doivent y prendre leurs repas et y dormir, ne pas exprimer de vaines paroles et pratiquer le célibat (règle 3) ;

    • assurer le financement de ces écoles supérieures, au moyen d’une taxe que chaque famille juive doit acquitter pour payer le salaire des maîtres, acheter les livres et subvenir au fonctionnement de l’école (règle 4) ;

    • définir les méthodes pédagogiques applicables dans ces écoles, mais aussi dans les écoles élémentaires (règles 5 à 12). En particulier, les enseignants ne doivent pas recevoir plus de dix enfants par classe ; ils appuient leurs leçons sur des textes écrits et écartent tout enseignement par coeur, traduisent en français les textes écrits en araméen - langue du Talmud parlée en Babylonie -, procèdent à des révisions chaque quinzaine et chaque semestre.

 
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