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L’œuvre rouennaise d’Abraham Ibn Ezra (1149-1159)
Le Royaume Juif de Rouen

De nombreux manuscrits attestent de la présence d'Ibn Ezra dans cette ville nommée RodomTout à la fois poète, exégète de la Bible, astronome et astrologue, mathématicien, grammairien et traducteur, Abraham Ibn Ezra (1089-1165) occupe une place unique dans l’histoire de la culture et de la pensée juive. Cet andalou a en outre joué un rôle essentiel dans la connaissance et la transmission de la culture islamique et judéo-arabe en Europe septentrionale au XIIe siècle.


Le grand intellectuel juif andalou Abraham Ibn Ezra, une des figures de son temps, rédige à Rouen quelques unes de ses oeuvres majeures : commentaires de la Bible, travaux d’astrologie ou d’astronomie, traductions d’ouvrages rédigés en arabe.Après avoir beaucoup voyagé en Italie, au Maghreb, en Égypte et en Provence, Ibn Ezra s’installe à Rouen vers 1149, en pleine maturité de son savoir. Sans doute, la réputation intellectuelle de Rouen, dont le savant Rashbam dirigeait alors l'école rabbinique, explique-t-elle le choix de cette ville par l’un des plus éminents intellectuels juifs de son temps. C'est là, en 1153 -il avait alors 64 ans- qu’il entreprit son travail fondamental sur l’Exode. Dans le poème servant de préface à son commentaire, il a lui-même expliqué le choix de ce thème. A Rouen, il était tombé gravement malade, mais Le Seigneur (…) l’a aidé à recouvrer la santé et c’est alors que je fis vœu (…) de commenter la Loi donnée sur le Sinaï. Pourquoi ce texte ? Parce que le juif rouennais qui l’a soutenu pendant sa maladie, jusqu’à ce que son corps redevienne comme une pousse verte, et à qui il a dédié son ouvrage s’appelait Moïse.


Le colophon de cette œuvre dit assez l’importance qu’Ibn Ezra y attachait : Le livre de l’Exode, écrit d’Abraham, achevé en l’an 4413 (= 1153), précieux comme l’onyx. On y apprend incidemment qu’il y a en longitude une différence de plus de trois heures entre Jérusalem et Rouen.


Deux ans plus tard, il achève un long commentaire des Psaumes et un autre des Douze Petits Prophètes et, quelques années après, un autre commentaire encore du Livre de Daniel. Après un séjour en Angleterre en 1158, où il rédige le Yessod Mora et l’Épître sur le Sabbat, il revient à Rouen pour y alterner commentaires bibliques (le Livre d’Esther, le Cantique des Cantiques), travaux astrologiques et traductions de traités de grammaire hébraïque d’arabe en hébreu.


Pendant son séjour rouennais, Ibn Ezra a également joué un rôle essentiel dans la propagation de connaissances répandues dans les pays d’Islam, mais dont la rédaction en arabe empêchait la diffusion.


Peut-être est-ce à lui que l’on doit la traduction du Livre des Croyances et Opinions de Sa’adiah Gaon, le grand sage de Bagdad, qui a inspiré Berakhiah, l’auteur rouennais de deux traités d’éthique rédigés à la fin du XIIe siècle. Ce qui est sûr, c’est que, dans son commentaire de l’Exode, Ibn Ezra ne se réfère pas moins de 75 fois aux exégèses de Sa’adiah. Et beaucoup d’autres penseurs et savants, tant juifs que musulmans, du Proche-Orient, d’Afrique du Nord ou d’Andalousie ont ainsi été découverts grâce à lui par les érudits rouennais. Mais ses ouvrages abondent également en détails sur les coutumes dans les pays arabes : la cuisson des aliments, la mode vestimentaire, les bijoux féminins, l’accouchement, la condamnation à mort, les rituels. Ibn Ezra a fait connaître non seulement la littérature et la science de ces pays lointains, mais aussi la vie quotidienne de leurs habitants et l’existence de produits exotiques comme le musc, la fleur de farine ou le riz.

 

En 1153, Ibn Ezra termine à Rouen les Tables du Ciel, ouvrage d’astronomie qui sera connu à travers toute l’Europe. Rencontre d’astronomes, copie d’après le Mishne Torah de Maïmonide.


C’est aussi à Rouen qu’il donne la forme finale à ses recherches sur l’astronomie et l’astrologie. En 1153, il achève les Tables du Ciel, regroupant les Tables astronomiques et les Nativités. Ses œuvres étaient connues non seulement des érudits juifs, normands, anglais ou français, qui avaient accès au texte hébreu original, mais aussi des savants non juifs à travers des traductions en latin. Ainsi, la traduction, dès 1154, des Tables astronomiques laisse penser qu’Ibn Ezra a été en contact avec des savants chrétiens qui, à Rouen, s’intéressaient à l’astronomie. Par la suite, son œuvre fut étudiée à l’université de Paris, fit l’objet de traductions nombreuses et devint célèbre à travers toute l’Europe.

 

 

 
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